C'est l'Ecrivain et atypique personnage Nicolas REY, qui dans l'émission tout autant atypique EN APARTE, m'a donné l'envie d'acheter, et plus encore, d'ouvrir et de lire l'ouvrage d'Emmanuelle Carrère, UN ROMAN RUSSE. En effet, étant fascinée par la Russie mes yeux n'avaient pas manqué de s'attarder sur ce beau livre à la couverture sobre, simple, dont seul le titre, tout aussi simple, ressortait. UN ROMAN RUSSE. L'abstrait et le mystère m'attirent, et c'est justement cela que traduisait le résumé en quatrième de couverture, mais pourtant je n'accrochais pas. Qu'était-ce ? Un roman ? Une autobiographie ?... Le flou, le prix, les trop nombreux livres achetés sans jamais avoir été lus, tout ceci contribua au non-achat de ce roman.
Puis voilà qu'un beau jour Nicolas REY en parle dans sa chronique. Comment ne pas boire les paroles de Nicolas Rey, comment ne pas croire ses dires ? Son enthousiasme habituel me parle. Un roman russe allait devenir mon livre de chevet, dès le lendemain l'investissement serait fait.
UN ROMAN RUSSE.
Première fois que je lis Emmanuelle Carrère. J'adore, j'adhère. Ce roman, qui n'en est pas réellement un, nous confronte à différentes histoires, divers personnages, nombreux lieux. Tous réels, tous sincères. Des situations, individus, lieux, propres à l'auteur, communs à Carrère, mais que l'on s'approprie l'instant d'un bouquin tant celui ci les fait vivre de manière romanesque. Il n'est plus seulement question d'une autobiographie mais alors d'une histoire, l'histoire de l'auteur certes, mais celui ci en nous en narrant tous les détails nous la fait aimer, et pénétrer à l'intérieure de celle ci devient sincèrement envoutant, prenant. Dans Un roman russe on découvre la vie d'Emmanuelle Carrère, notamment à travers sa vie sentimentale, familiale. Mais on y découvre aussi la Russie, par le biais de Kotelnitch, ce petit village à 800km de Moscou, la Russie profonde et ses habitants nous deviennent alors familiers, attachants, touchants. On s'imagine ce pays de contrastes, les extrêmes entre le peuple de la ville et celui des villages comme Kotelnitch, on s'imagine et on ne peut que s'émouvoir. C'est en cela qu' Un roman russe n'est pas uniquement une autobiographie, c'est aussi l'histoire d'Ania, Sasha, Galina... ces Russes qui nous ouvrent leurs maisons, leurs secrets, leurs coeurs. Qui nous livrent leurs histoires, et alors nous touchent. Tout comme Carrère nous livre la sienne. Et nous touche. Me touche.
Or dans UN ROMAN RUSSE il est question de RETOUR A KOTELNITCH. Retour à Kotelnitch c'est des bouts de vie d'habitants de Kotelnitch filmés, montés, liés, aboutissant à ce "film". Beaucoup y verront un mauvais film, de mauvaise qualité et sans but. Pour ma part j'y ai vu de la simplicité, sincérité, réalité. De la pauvreté, de la misère, mais énormément de bonté, de générosité. En filmant le quotidien de ce village perdu au beau milieu de l'immensité du territoire russe, en voulant pénétrer et nous faire pénétrer au coeur de la vie des habitants de ce village, habitants eux aussi perdus, Carrère fut confronté à un drame, l'assassinat d'Ania et son bébé, le petit Liev. Nous voici donc plongés dans la tristesse de ces personnages qui s'étaient ouverts à Carrère et qui grâce à ce dernier nous sont familiers. Retour à Kotelnitch nous ouvre les yeux sur la Russie "moderne", aux antipodes de St Petersbourg et Moscou, avec ses extrêmes si caractéristiques de l'Empire russe. Cet Empire qui me fascine, et par lequel je ne peux m'empêcher d'être touchée.
Pour conclure, cette phrase de Damien SAEZ :
PUISQUE L'ÂME EST LA RICHESSE A ST PETERSBOURG...


